à fleur d'eau...Une échappée à deux... Et si vivre ses rêves devenait un acte de résistance? |
Tours et Détours entre Saronik & Argolik avec tentative Cycladik... - 12 octobre 2011
Poròs – Notre port d’attache, de retour et de détour !!! Cette ville-île où nous décidons de laisser notre Fleur de nouveau cet hiver nous a définitivement fait craquer ! On a beau eu se balader dans d’autres villes de la région, c’est bien Elle que l’on préfère…
L’élégant Papi et sa femme du Remezzo spécialiste de l’hellenico café, timide « gyros man » (à prononcer« Yirròs ») du Colona , les lunettes solaires du fuel, les brothers de la plaisance (Vangelis et Antonios),les brothers récemment papa et tontons du Grande Cafe, l’ours de mécanicien au yeux bleus de petit garçon fan de foot (Stamatis), les gars et le chat du Sailors,la mystérieuse femme au yeux cernés de la patisserie du soir, le capricieux petit garçon de la grande place, Andy maître du grilled octopus, le grand benêt au quad blanc et à la voix reconnaissable… bref on peut dire que les visages de tous ces Porossiens là vont nous manquer un peu…
Et la musique… petit tube de cet été : http://www.youtube.com/watch?v=WToAGyukQ1Q
Et en plus son port est propice aux retrouvailles, ce sont Martine et Olivier de Tombouctou, que l’on connait depuis Monastir Tunisie, qui sont venus nous y faire une petite visite.(sur la photo du dessus nos deux bateaux à couple) Grâce à un fort meltem, on fait cap ensemble sur l’Antiquité… en bus !! A Terre – Epidavros, Scooter, Chats,Sun Bed Et nous voici tous les 4, sur les traces du docteur de l’antiquité : Esculape et son Epidavros, grand centre de soin et de philosophie où le fameux théâtre existait dans un but d’expression thérapeutique ! Avant-gardiste non ?
L’acoustique est époustouflante, lorsque l’on se place au centre de l’Arène chaque son émis produit un écho très sec et d’une fréquence hors du commun, mais le plus fou c’est la précision du son depuis les gradins! Une guide grecque se positionne au centre de l’Arène et déchire une feuille de papier, et depuis les sièges les plus hauts le son n’est pas amplifié mais sa précision et sa clarté sont impressionnantes. Elle fait tomber ensuite un euro « glang !»(un son de vieille casserole), puis un dragme « gling gling, gling, gling, gling, gling…» ( un tintement cristallin) et l’assemblée de femme grecques retraitées salue la comparaison par de grands éclats de rires !
Nous revenons à Poròs, après un périple en bus duquel même nos pieds marins ont eu du mal à se remettre ! Du coup, direction le fast-food Colona pour un Gyròs bien mérité !! On n’a pas laissé une miette pour les chats ! A terre, c’est le royaume des chats ! On en a croisé plusieurs ! Un amateur de poulet qui est monté à bord 3 secondes en tout et est redescendu aussi sec en sentant les mouvements de la Fleur ! Un coquin qui en voulait à notre petit dej en terrasse ! Ceux qui attendent sur le quai des pêcheurs ! Ceux borgnes d’Hydra ! ( on n’a toujours pas compris pourquoi il y avait autant de chats auxquels il manquait l’œil droit! Jeux occultes d’enfants roi, maladies génétiques ou batailles félines??) Toujours est-il que les chats borgnes d’Hydra ne craignent pas les véhicules à moteurs puisqu’il n’y en a pas un sur toute l’île !
Du coup Hydra fût la seule île sur laquelle nous n’avons pas loué de scooter ! Mais les terres et panoramas d’Egine, de Spetsai et de Poròs ne nous ont pas échappés ! Et elles n'ont rien à envier aux cyclades, festival de blanc et bleu!
Avec Plume et Justine, nous avons déniché ainsi des plages sublimes sur Spetsai avec transats et tomates farcies !!
Une saison Charter Cette année la Fleur a joué au bateau d’hôte, Plume (qui connait déjà bien la Fleur mais moins bien le meltem des cyclades), Justine (qui alla de surprises en surprises), et Antoine (le plus vert de tous d’avoir loupé le thon au large de Kithnos) !
La pêche Si le thon ne fût pas dans les assiettes des trois marins, en revanche la fin de saison à deux fût plus fructueuse !
C’est dans la baie, au sud d’Hydra, que les chasses sous marines de Mathieu nous ont mis dans nos assiettes un poulpe, un beau bar et une bonite prise, elle, à la traine !
Le jigging avec le beau matériel tout neuf (canne, moulinet, sondeur : cadeau de Michel), une pêche qui se pratique en pleine mer à la dérive, était une première pour nous ! Nous avons eu peu de matinées de mer calme, pour s’initier. Et pas beaucoup de résultats ! On retentera l’année prochaine !
La météo
Même sous la pluie (: "VROJHI" en hellenico ) les quais de Poròs sont magnifiques!! C’est décidément bien difficile de naviguer en mer Egée!! Le vent cette année fût incessant et fort, du Meltem (vent du Nord-Est) à la Borée (vent du Sud) et jusque ces derniers jours, nous obligeant à une vigilance de tous les instants et à un nombre incalculable de manœuvres…
Manoeuvres On est passé maître en manœuvres aussi bien celles de navigation : régler les voiles, prendre un ris, puis deux, border, choquer ; que celles au port, après la dernière en date : de retour à Poròs, un vent de travers très fort nous emportait le nez de la Fleur, ne nous laissant pas le temps de récupérer la pendille à quai, c’est en faisant un tour complet en forme de point d’interrogation ou de clé de sol (pour ceux qui préfèrent) que Mathieu a trouvé l’issue !! Des As !!!
Il faut savoir que dans les ports de la région, lorsque tu arrives il te faut d’abord trouver une place, ce qui n’est jamais chose évidente! Ensuite il te faut avoir un bon guindeau (avec moteur électrique, c'est mieux !!) car tu utilises ton ancre dans tous les ports! C’est alors que tu te retrouves en 2ième rideau à l’ancre comme dans le petit port d’Hydra, même mi-octobre ! Ou quand ce n’est pas la place qu’il faut libérer à 20h dans le port d’Hydra pour laisser un ferry de ravitaillement venir à quai, c’est à Aegina que nous devons changer de place, celle-ci s’avérant trop petite pour la Fleur ; ou encore à Spetsaï où l’organisation locale du port est complètement chaotique (voir aussi l’article sur Spetsaï de l’année dernière !)… L’ancre et le guindeau ont chauffé !! Et encore, on ne vous parle pas des mouillages !!
Voici un peu en vrac, en thématique et en Saronik, nos impressions de cette saison 2011 !!
Post Scriptum philosophik :
L’horizon et l’échelle ! Depuis la mer, lorsqu’on regarde la terre, on a beau s’y être habitué, il se passe un phénomène abyssal propice à la rêverie, et tellement rééquilibrant ! La distance est si grande, on voit les choses de si loin, que l’échelle avec laquelle on perçoit la terre est minuscule. Une maison est un point blanc, une colline un mouvement, une fôret de pins une couleur. Et en fait ce n’est pas très fréquent de voir si grand, en montagne on a parfois cette sensation devant un panorama, cette sensation d’immensité… Dans notre quotidien, de citadins, l’échelle avec laquelle on perçoit le monde est celle de notre rue,de notre salon, de notre canapé, de notre tasse de café! En mer, c’est l’échelle de la terre, on se sent géant à voir le monde si petit et quand on voit des hommes, tâches de couleurs sur une plage, on les sent si petit devant l’échelle du monde. Et surtout c’est si beau et harmonieux vu de loin ! La photographie ne peut rendre cette sensation avec fidélité, car cette sensation est dû à l’échelle, (sur le bateau l’échelle est la même que dans notre vie quotidienne, une échelle humaine, mais l’horizon qui nous est offert est à une autre échelle !) Une photo quelle que soit son format sera toujours un objet, donc à échelle humaine, que le paysage soit pris de près ou de loin ! Mais quand vous, vous vous tenez si loin de la terre, alors vous êtes dans un autre monde, à une autre échelle !! C’est l’éloignement réel qui procure cette sensation, la distance (infinie à notre échelle de citadins) qui nous sépare de la terre. Il n’y a plus d’échelles, les échelles deviennent relatives, et donc la tienne aussi !! Finalement c’est un peu comme Gulliver, d’ailleurs c’était un marin, non ?
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Vendredi 5 Juin : Journée de repos. Approvisionnement au merveilleux marché de la vieille ville, café internet pour la météo, sieste…



Samedi 6 Juin : 5h45, Départ de Syracuse, route vers La Castella ! Moteur pendant 2h en attendant les brises du matin. A 9h, le vent monte un peu, on sort les voiles, SW de 12 nœuds… Parfait ! Déjà on voit au loin les côtes de la Calabre. Le vent retombe : moteur. A 17h on passe le Capo Spartivento (pointe de Calabre) avec GV et Génois tangonné, vent SW 10 nœuds. Le soir tombe, le vent avec… moteur une nouvelle fois… Puis vers 3h du matin, le vent arrière se met à monter, la mer aussi. Dimanche 7 Juin, à 7h, on arrive en vue de La Castella (juste au sud de Crotone), le soleil s’est levé comme pour mieux nous guider entre les rochers nombreux dans cette approche ! Le port est bien abrité, accueil très sympathique, l’endroit est très plaisant. Une douche après cette longue traversée de 142 milles et sieste pour les garçons. Rencontre avec Télémaque qui nous parle de la Grèce et surtout de Corfou… Comparaison météo à l’internet point ! Resto sympa face au château le soir. Ici les gens ont l’air content, le parti de Berlusconi gagne ces élections Européennes avec une très grande avance… Quelques textos nous informent de la situation en France… Et PAN ! Désabusage collectif, masochiste démocratique, on prend les mêmes et on recommence… Aïe… Heureusement Daniel est là !



Lundi 8 Juin : 18h30, Départ de La Castella, route vers Ostoni (Osthonoi) en Grèce… Moteur, pas de vent. Mais très vite, une fois passée la pointe di Rizzuto, un courant de 2 nœuds dans le nez nous ralentit trop… On avance à 3 nœuds ! Vers 21h, après discussions entre Sarah, Guillaume et moi, on décide de se détourner sur Crotone… arrivée à 23h15. Accueil tendu, nuit courte !
Mardi 9 Juin : 7h30, Départ de Crotone, route vers Sta Maria di Leuca. Finalement, au vu des fichiers Grib, le vent et la mer risquent de se lever un peu entre l’Italie et la Grèce. On choisi de raccourcir au maximum la route. Moteur toute la journée avec un vent nul ou quasi nul ! Par contre, des dauphins plus nombreux que jamais (une bonne cinquantaine) sont venus souhaiter avec nous un heureux anniversaire à Sarah…. JOYEUX ANNIVERSAIRE MON AMOUR !!! Vers 23h, un peu fourbu par 80 milles de moteur, on arrive à Santa Maria di Leuca, marina privée en construction, dans cette ville du bout du monde en pleine expansion touristique… Encore une fois, une p’tite douche et au lit !
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Mercredi 10 Juin : 11h, après quelques courses et un plein de gasoil, départ vers la Grèce, l’île d’Ostoni toujours, au nord ouest de Corfou. Traversée de 50 milles finalement trop tranquille, les vents assez forts prévus sont totalement absents… 16h, une brise se lève on sort toutes les voiles !! 21h, on mouille l’ancre dans la baie au Sud de l’Ile, ON EST EN GRECE !!! Petit barbecue raté mais bien rigolo et au lit !
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Jeudi 11 Juin : 9h, Départ de cette belle île d’Ostoni, route vers la ville de Corfou (Kerkira). Le vent s’est levé en toute fin de nuit et s’est orienté WNW soufflant entre 20 et 26 nœuds… On sort le génois et Zou… on file à 6 nœuds avec la Fleur… On suit les côtes nord de l’ile de Corfou… c’est très vert et très beau ! La mer est assez formée. 13h, suite à quelques caprices et variations intempestives du vent, passant de 25 à 4 nœuds en 3 minutes, puis remontant 30 minutes plus tard à 16 nœuds et ainsi de suite, nous doublons le rocher de Peristere, marquant notre entrée dans le détroit entre l’Albanie (à 1 mille sur notre babord) et l’île de Corfou, mais également dans des eaux incroyablement calmes… C’est magique !15h, toujours avec des alternances improbables du vent, nous obligeant parfois à mettre le moteur, nous descendons le long des côtes, tranquillement, comme sur un lac, jusqu’au port de Corfou où nous arrivons à 17h et 37 milles de route… Guillaume va nous quitter demain, alors ce sera petite ballade en ville et resto offert par notre formidable compagnon de traversée qui, finalement, n’aura pratiquement rien cassé à bord… On finit par un petit Ouzo au Club House et bar branché de la marina… Minuit, tous très fatigués par ces traversées enchainées, mais heureux d’être arrivés à bon port, nous allons nous couchés à bord de notre belle et courageuse petite Fleur!!
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Et nous voilà repartis…….
Comment reprendre le récit ? Pas facile facile …
“Once upon a time, on a little flower….”Pourquoi l’anglais ? Sûrement parce que ça fait 4 jours que nous sommes sur cette île décidemment bizarre de Malte.
Donc voilà un an après, au jour prés, le 18 mai, nous rentrons sur le territoire tunisien.
Dès l’arrivée à l’aéroport de Carthage, à 1h du matin, nous sommes accueillis par un fou rire communicatif. Bienvenue en Tunisie !!
La bonne humeur, les sourires, la gentillesse, nous retrouvons la Tunisie que l’on porte dans notre cœur.
Première nuit à bord, la Fleur est sableuse ocre à l’extérieur mais intacte à l’intérieur. Nos habitudes à bord reviennent très vite : la pompe à pied dans la cuisine, la gymnastique pour s’allonger dans la couchette…
Finalement nous avons sortis La Fleur à Hammamet au chantier Rodriguez, parce que les coquillages avaient encombré l’arbre d’hélice, il était plus prudent de le sortir sur place plutôt que de descendre comme prévu à Monastir. Du même coup, l’excursion prévue à Kerkennah est tombée à l’eau, trop loin pour les 3 jours de sortie du bateau, il faut surveiller les travaux parce que cette histoire d’arbre d’hélice nous a un peu inquiétés.

Nous faisons des travaux à bord : installation du stick, du double feu de tête de mat, changement de la tresse du presse étoupe, nettoyage du pont, vernis.
La semaine passe vite, grâce à l’excellente table de « La Fornace » Yasmine Hammamet !
La coque est toute propre, toute « antifoulinguée » !!
L’arbre d’hélice rutile, et ne fait plus de bruit.
Séance d’épilation au sucre pour Sarah chez Najoua, « c’est la femme de l’accueil de la thalasso du Laïco Hôtel qui m’a envoyé chez son esthéticienne perso, parce la thalasso était complet ». Incroyable expérience ! Recette : 250g de sucre et 1 citron, tu peux rajouter un peu d’eau, si ton feu est un peu trop fort !
Séance chez le coiffeur pour Mathieu : musique à fond, ambiance surfeur, coupe aux ciseaux, 4 dinars.
C’est bon, l’équipage et le bateau brillent comme des sous neufs, on peut partir !
La météo annonce 15 nœuds du nord pour le mardi 26 mai, sur usgrib, windfinder, weather on line.
Ce vent du nord doit nous porter vers Linosa petite île au nord de Lampedusa. On se prépare : platrée de pâtes et de lentilles pour cette traversée de 120 miles/ 24 heures.
La traversée fut mouvementée, la mer était assez forte et le vent nous faisait surfer sur les vagues. Des déferlantes inondaient le cockpit de temps à autre. Jacob (le pilote automatique) ne pouvait rien pour nous, trop de mer, donc il a fallu barrer pendant 24h, de l’eau de mer rentrait par le presse étoupe un peu plus qu’il n’aurait fallu…. Mathieu se mit à l’écope…. Dés fois la navigation, c’est aussi la galère !!!
La reprise fut un peu dure pour l’équipage… Deux gerbillos….
L’arrivée à Linosa à la tombée du jour, se fit in extremis, avec les dernières lueurs du ciel qui nous permis de distinguer l’entrée dans le port. Pas de feux pour l’entrée du port Scalo Vecchio, juste une croix qui clignote dans la nuit. A l’abri de la houle, on mouille au milieu de ce petit port de pêche, et on essaye de dormir entre deux rafales qui font déraper l’ancre…. Oh lala… c’est dur, la mer….
Au lever du jour, des pêcheurs nous réveillent en italien « la barca a vela !»
Ils avaient mis un filet au milieu du port, notre ancre était prise dedans… alors on remonte l’ancre avec le filet et les poissons, avec le vent qui nous déporte… quel réveil !
Après avoir assisté aux manœuvres d'accostages chaotiques du ferry Siremar (finalement ça console la mer et le vent ce n’est pas facile même pour les plus gros), les pêcheurs, pas très rancuniers, nous aident à amarrer la Fleur cul à quai, ce qui nous permet de finir la nuit un peu plus sereinement.
On dort jusqu’à 13h.
Le Siremar est de retour, une petite foule est là à l’attendre, applaudissements pour l’accostage acrobatique, insultes d’un jeune garçon depuis la fenêtre d’un véhicule qui semble n’être venu comme la plupart d’ailleurs que pour regarder la manœuvre. On a l’impression d’être au bout du monde !
On va déambuler dans les ruelles colorées et désertes de cette île de 3km², ça fait du bien la terre ferme !!
C’est la glace au café du port, au citron pour Sarah, fraise chocolat pour Mathieu, qui nous sauve de cet état un peu vaseux que la fatigue accentue.
Il fait beau, la terrasse est ombragée, le pêcheur de ce matin est là avec d’autres, il nous fait un signe de la tête avec une moue qui désengage toute conversation, « Sprechen Sie deutsch ? » c’est tout ce qu’il dira ! On demande où est ce qu’on pourrait manger : « Al Muso » chez Fedel ! C’est le seul restaurant d’ouvert !
Mort de faim, on débarque à 19h au carrefour du village. Il y a beaucoup plus de monde que ce matin, ils savent tous que nous sommes le petit voilier du port, que le Siremar s’est repris trois fois pour la manœuvre du matin. On croise un type qui était au café du port le matin complètement bourré, les yeux vitreux il vient vers nous, nous parle du restaurant, on ne comprend pas tout…. C’est vraiment un drôle d’endroit !
On fait la rencontre de Piero un sculpteur d’Agrigente, qui vient travailler sur l’île depuis 30ans, qui parle très bien le français, il a vécu à Paris, sa femme est française. Sa compagnie nous permet d’affronter le verdict de Fedel le cuistot : « Je fais les pâtes pour tout le monde, on mangera vers 21h30 ! », la faim au ventre on patiente avec un panino tout de même, et le mal de terre….
La table est mise pour 9, les pasta arrivent, c’est sympa, c’est le départ de notre ami bourré de Bergame que l’on fête !! Ambiance italienne, on est très fatigué, on ne s’attarde pas trop !
Belle nuit ! Le lendemain, on rencontre un couple de français, lui est venu sur l’île deux mois pour écrire un roman, ils nous invitent à consulter internet puis à déjeuner avec eux. Deux vrais parisiens au milieu de nulle part : drôle d’impression !
Départ prévu pour le soir même, une bonne pétole ça nous changera !
La mer est calme, Jacob assure un max, ouf !!!
On arrive à Malte, tranquillement 15h plus tard, c’est bien !!
Guillaume nous rejoints le soir et on va tout les trois fêter les 35 ans de Mathieu au Black Pearl.
« Do You want fresh pepper ? » fut le gag de la soirée.
Finalement le départ de Malte, est décalé pour cause de météo pas bonne. Ce qui nous permet de profiter des bus oranges, du cinéma (Star Trek et Wolverine : explosifs), de se régaler au Garam Masalaa petit resto indien familiale tout prêt de Msida Marina…
Départ pour Syracuse imminent, dés que la mer est redescendue d’un étage…
Que le temps passe vite !
Depuis Malte et Lampedusa, les petits paradis se sont succédés les uns après les autres... voyez plutôt:
Tout d'abord, première rencontre avec la grande Sicile, arrivée de nuit dans le lagon de Syracuse après une grosse journée de traversée pétoleuse et pétroleuse (au moteur!), mer plate chargée de Cargo. Le lendemain se furent les premiers pas des parents Vaillant sur la Fleur ... Petite ballade dans la belle ville de Syracuse, cannoli locaux incroyables, et ensuite nous partons tous les quatre à bord pour une semaine de promenade en direction de Messine.

Beaux paysages, surplombés par l'omniprésent Etna et ses balafres rouges sang! Baignades dans les belles eaux des mouillages de Brucoli et sa rivière, d'Accitrezza et ses ciclopi et de Taormina et ses touristes, moments de détentes dans les rues et marchés de Riposto.


Ce fut une semaine pleine de joie et de rires, avec la chaleur et le soleil, les douches sur le quai pour se rafraîchir, les tentatives infructueuses de pêche, les sorties humides en annexe le soir, les bons repas à bord sur la Fleur sous la lune et face à l'Etna, les p'tits restos siciliens, l'achat du ventilateur salvateur des nuits torrides!

Finalement nous laissons les parents à Riposto déçus peut-être de n'avoir pas pu passer le Détroit de Messine, vieux souvenirs paternel, avec nous... Derniers au revoir, petites larmes, de beaux souvenirs... Mais déjà, la tête se tourne vers le nord... Il va falloir le passer ce Détroit! Mais avant, nouvel arrêt à Taormina pour aller voir « La Tosca » dans le magnifique théâtre antique perché sur la falaise. Splendide, moment inoubliable!
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Et enfin le Détroit! Une première tentative d'abord... sans succès. Trop de courant, vent dans le nez, la Fleur recule dans l'assaut des vagues qui se forment... on capitule!
Le lendemain, nouvel essai, beaucoup plus tôt cette fois-ci... La mer est plate, le vent ne s'est pas réveillé ce matin et le soleil est à peine levé... Moteur, tranquillou, on avance à 5,5 noeuds, on lance la traîne... L'Etna glisse doucement derrière nous, sur notre gauche, crachant légèrement ses légendaires fumées.
Devant, les terres de la Sicile et du continent se rapprochent déjà : le début du long détroit! D'abord large de 6 milles au sud, puis se rétrécissant pour finir avec juste 1 mille à sa sortie nord...
Une brise se lève, très douce, on sort la grand-voile pour en profiter un peu, mais, chose étrange, la vitesse du bateau se met petit à petit à diminuer ! Le compas indique un cap à 40° mais en vérité, d'après les calculs on est en train de faire route au 68 ??? Nom d'une pipe en bois ! C'est le courant qui nous susurre à l'oreille que la journée ne fait que commencer... Plus loin, encore distant de près de 25 milles, se sont Charybes et Scylla qui se marrent... Un petit clapot se lève, on pousse un peu le moteur, 2000 tours, on avance encore bien... 4,2 noeuds!
Puis, comme pour nous sortir de notre concentration, Poséidon nous détourne, bzzzzzzzzz, la ligne de traîne se débine.... On resserre un peu le frein du moulinet, un temps, hop, ça repart à nouveau, on serre plus, finalement, avec assurance et détermination, on commence à tourner le moulinet pour ramener le fil. A l'autre bout de la ligne ça tire fort, on lutte, au loin on voit sauter notre proie qui tente de se libérer... Le combat est sévère bien qu'injuste... On sort l'épuisette, le poisson n'est maintenant qu'à une vingtaine de mètre derrière le bateau, il ne faut pas le perdre, on ramène encore, il saute, tire, plonge... Alors, dans un dernier mouvement, on le coince dans l'épuisette, il se débat encore, on le rentre dans le cockpit, il est tout vert, une grande nageoire bleu sur le dessus, magnifique, 35 cm, c'est une belle Coryphène
(comme celle qui s'est décrochée au dernier moment sous nos yeux avec les parents 3 jours auparavant)...On est heureux, ce soir Barbecue !! Plein d'enthousiasme, on relance la ligne pour d'autres prises...
On remet un peu les gaz, coupés pour faciliter un peu nos opérations péchouilllesques, et on s'aperçoit que, durant ces quelques minutes de détentes, Eole en avait bien profité! Le clapot est maintenant devenu une véritable mer agitée et les 2000 tours du moteur ne suffisent qu'à nous déhaler à 3,2 noeuds, avec un tangage « laisse tomber la neige », et un écart encore grandissant avec le cap réel... Il est 12h ! On tente de remonter à la voile en tirant des bords... En vain ! En passant d'un bord sur l'autre on se rend compte qu'on a perdu du chemin par rapport au bord précédant, on est plus au sud qu'avant... en gros, on avance au prés à 4 noeuds mais en fait on recule!! Dingue! Du coup, plan B, on coupe le détroit d'Ouest en Est pour aller se réfugier dans le seul et pauvre port situé dans cette zone, sur le continent, Reggio Di Calabria...
Après quelques dernières péripéties, on s'amarre, cul à quai dans le petit port de plaisance. Petite sieste, on décide d'aller faire quelques courses, le pleins d'eau, et tout et tout... En revenant, on apprend que ce port un peu miteux va nous coûter aussi cher que St Trop', du coup, on décide de s'amarrer sur le quai des Ferry, un peu houleux certes, mais très sympa avec tous les pêcheurs du soir qui viennent jeter leurs lignes... D'ailleurs, on en profite, on sort notre Kanoun sur le quai pour une Coryphène en grillade, quelques patates et hop, un festin... Allez zou, vite au lit, demain rebelote, on se lève à 6h30 pour finir cette remonter du Détroit et ses nouvelles aventures...
Voilà, on est demain!
A l'instar de la veille, la mer est plate comme une sole (que nous pécherons d'ailleurs par deux fois à la fin de cette même journée, mais laissons Chronos oeuvrer, nous y reviendrons plus tard!). Très vite les courants reprennent mais, fort d'une expérience acquise à la sueur de nos fronts, nous décidons de longer au plus près la côte... bien nous en prend, car, comme prévu, ici les courants s'inversent et nous sont donc favorables...

LES COURANTS DU DETROIT DE MESSINE
La surface de la mer est incroyable, des remouds se forment par endroits, des traînées, des bouillonnements, là où les courants se heurtent... Il suffit de franchir ses frontières mouvantes pour que notre « Fleur » passe, en une dizaine de mètres, d'une vitesse de 6 à moins de 2,5 noeuds! Le bateau fait quelques embardées, pris par les bras de Charybes qui tente de nous dissuader! Mais on continue. On voit maintenant la sortie du détroit 3 milles devant nous, enfin, mais il faut passer le cap avant d'orienter à droite. On se retrouve donc en plein courant, les remous se creusent par endroits laissant à la surface de la mer une couleur sombre et inquiétante, la barre est comme frappée par moment, le moteur force un peu. Heureusement le vent ne monte pas, mais malgré tout, le compteur du GPS indique que nous nous traînons à 1,4 noeuds, de plus, le courant changeant à tous moments, nous porte à la côte, nous obligeant en permanence à corriger notre trajectoire sinusoïdale... On mettra finalement plus de 2 heures au moteur pour échapper aux griffes de Scylla et Charybes et pouvoir enfin sortir les voiles par vent de travers et se diriger ainsi, tranquillement jusqu'aux iles Eoliennes... D'ailleurs, elles apparaissent déjà au loin, à 35 milles devant nous...
Le soir, goûtant à un repos bien mérité, on se baigne dans une magnifique calanque au Nord Ouest de l'Isola Vulcano, la Cala di Maestro Minico et on pèche deux petites soles bien dodues.... A la poêle, du riz et zou, fatigué mais heureux, on profite...
ISOLA VULCANO
Ensuite, nous passerons une petite semaine entre ces merveilleuses iles Vulcano, Lipari, Panarea, Salina... Entre baignade et soleil, beaucoup de monde, mais l'ambiance est tellement bonne! On se régale à observer les bateaux bondés, toutes musiques dehors, jouant les discothèques... Le soir, les mouillages redeviennent calmes et sont très agréables après l'agitation de la journée!

L'île des volcans jumeaux : ISOLA SALINA
La trés chic : ISOLA PANAREA
Port de LIPARI
Mais le temps passe, il faut penser à trouver un endroit où planter la Fleur... Après une rapide enquête, et quelques conseils, on décide de finir le tour de la Sicile pour retourner en Tunisie... Cet hiver notre Fleur sentira le Jasmin...
Du coup, route vers Palermo. Laissant le bateau au mouillage dans l'avant port, on restera deux journées entières à se balader entres ses murs, à profiter du doux rythme typiquement Sicilien, manger du calamar bouilli sur la place du marché aux poissons, tenter de voir un spectacle de Pupi, visiter ses belles églises, faire les soldes...
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| Façade de Palermo... |
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| La Fleur au mouillage devant Palerme... |
Ensuite, rapidement, on glisse vers l'Ouest, arrêt dans la baie de San Vito lo Capo, petite aquarelle, petit sar, à la tombée du jour...
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CAPO SAN VITO |
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Puis les Iles Egades, mouillages au Sud de Levanzo et enfin Mazara del Vallo, dans le port cette fois, pour préparer notre traversée vers Pantelleria et Hammamet! Souvenirs de cette arrivée à Mazara, dimanche soir vers 18h30, dans la mer une multitude de bateaux forment une procession autour di simulacro di San Vito... On entre avec eux dans le port, comme faisant partie de cette procession, des prières sortent de la sono usée du chalutier décoré pour l'occasion, une foule est amassée sur les quais de ce géant port de pèche, notre Fleur a l'air un peu déboussolée et émue par toute cette effervescence, nous aussi... C'est beau!
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MAZARA DEL VALLO en fête... |
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On reste une journée entière pour se délecter une dernière fois de l'ambiance de Sicile, en plus, ici c'est la fête, tout le monde est de sortie... On profite à fond... Les gelati sont excellentes, les pizzas un régal... Et puis, Mardi midi, on décolle, cap vers Pantelleria...
Le vent et la houle se sont levés assez fort mais sont bien orientés... du coup, on prend 1 ris! Avec 20 noeuds de vent on glisse à 6,5 voir parfois 7 noeuds... Les 58 milles sont avalés en 9h30, à peine le temps de digérer les deux pizzas emportées pour l'occasion.
La houle très forte depuis le début nous oblige à barrer avec une permanente vigilance, les départs au lof sont fréquents, l'arrivée dans le port est alors assez sportive... Après une dernière approche à tâtons dans la nuit noire, on entre enfin dans ce port... mais la houle aussi! Il est 22h, on passe près d'une heure, bien fatigués, à chercher un endroit abrité pour amarrer la Fleur... finalement, on se glisse entre deux gros yacht à moteur... Le lendemain, on se fera gentiment virer, mais le coup de vent est passé, la mer s'est calmée, on trouve une belle petite place étrave à quai dans le coin des petits bateaux de pèche... Parfait!! On sort l'annexe pour traverser le port et aller goûter aux charmes de cette petite île sauvage...

Pas déçu ! Ici c’est la fin des vacances pour beaucoup de monde, les infrastructures touristiques se démontent, les « nollegio » (loueurs de toutes sortes) rangent leurs scooters, bateaux moteurs et autres méharis… L’ambiance est encore différente de toutes celles que nous avons traversées jusqu’alors ! On goûte une journée à terre en allant voir, grâce au mini bus local, le très étonnant lago di Venere sous lequel l’activité volcanique bat son plein… Ici le grand jeu est de prendre un bon bain de boue souffrée… On se décape donc la peau, petit peeling local, le bronzage part l’odeur reste…
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Par deux fois on fera le tour de cette charmante île afin d’enchaîner les mouillages tout en restant protégé des vents qui n’arrêtent pas de tourner… Les côtes sont assez différentes d’un bout à l’autre : de la Cala di Levante, avec ses grottes turquoises sous le village de Tracino, au petit port enroché de Scauri, en passant par la Cala di Nica et ses plis au soleil couchant… Tout est beau !
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CALA DI LEVANTE |
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On flâne un peu à pied aussi, laissant notre fleur à son ancre, escaladant les routes escarpées pour rejoindre le village de Tracino ou de Scauri… La vie est douce, on sait que la fin du voyage approche, alors on traîne un peu… On pêche des oblades, des vieilles, des sarrans… On profite à plein de tous ces plaisirs !
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| Petite Balade vers le village de Tracino,au dessus de la Cala Tramontana et Levante. | ||
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VILLAGE DE TRACINO |
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CALA DI NICA, le soir... |
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Mais il faut maintenant traverser ! Le temps très humide tourne à l’orage le soir. La météo, récupérée sur l’onéreux parcequ’unique « internet point » de l’île, nous révèle une possibilité pour le 4 septembre avec un p’tit vent du sud… parfait ! |
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| Villaggio de SCAURI |
PORTO DI PANTELLERIA |
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Il nous reste donc 2 petits jours… On continue de découvrir les magnifiques criques, on coince l’ancre dans les rochers près d’un immense éléphant dans la cala du même nom, on se rempli de gelati et de prosciutto,on va voir les urgences de l’hopital de Pantelleria histoire d’endiguer un début d’otite vaillantesque et le jeudi 4 Septembre 2008, à 8h du matin, la Fleur et nous, entamons notre dernière traversée de cette longue et belle aventure en Méditerranée.
Cap sur Hammamet !
La route est direct au 250°… Le vent très doux ce matin nous pousse légèrement, on met le spi… La fleur glisse alors tranquillement sur une mer bien sage vers la Tunisie.
Vers 18h45 alors que le vent est complètement tombé depuis quelques heures et que Jacob s’est remis au travail avec le moteur, nous commençons à distinguer, malgré une visibilité assez réduite dû à l’humidité ambiante, la pointe de Nabeul, alors distante que de quelques milles. Et comme pour nous faire un dernier adieu, trois grands dauphins sont venus danser avec la Fleur sur Boby Lapointe (Tube incontesté auprés de nos amis cétacés).
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A peine une heure plus tard, ceux sont les orages que nous voyons au loin, dans la direction d’Hammamet. La nuit tombe, la luminosité commence à bien diminuer… Devant, les éclairs redoublent, le ciel s’illumine par endroit… douloureux souvenirs Sardes. On décide de rejoindre au plus court la côte tunisienne que nous longeons depuis plusieurs milles maintenant. Le petit port de Beni Khiar se trouve juste à 2 milles sur notre nord ouest, une aubaine. On tente en vain de mouiller dans l’avant port, afin d’échapper aux formalités douanières dû à notre entrée en territoire tunisien, l’avant port est complètement envasé. Il s’en est fallu de peu pour que le voyage ne se termine sur un échouage vaseux… Mais bon, tout fini bien, les autorités, vu l’heure tardive et le ramadan nous dispensent finalement de la paperasse administrative et nous demandent de partir tôt le lendemain en évitant de dire que l’on a passé la nuit ici… Pas vu pas pris !
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Petit port de pêche de BENI KHIAR |
On repart donc le lendemain à 6h, à nouveau sous spi, en direction – finale- d’Hammamet !
Arrivée vers 10h dans un port gigantesque, pleins de grands bateaux, on se croirait à St Trop’ ! Cette banlieue d’Hammamet où s’est implantée cette Marina est une gigantesque zone touristique… Mais la Fleur y sera très bien gardé, on l’arrosera souvent. Elle pourra même, peut être, se faire des copines en attendant notre retour… On se retrouve donc amarré pour de bon à ce ponton qui sera le notre pendant plusieurs mois. Fin d’un voyage. Il est maintenant temps de penser à ranger, nettoyer, rincer, jeter, trier, bagager, ventiler, dégréer, dégonfler, désaler, réserver, décoller et rentrer* !
*Rentrer ! Ce sera finalement le 11 Septembre (sans blague!) que nous retournerons dans notre plat pays… L’avion atterrira d’ailleurs à 21h05 à l’aéroport de Roissy Charles De Gaulle, aérogare 3… avec 40 kilos de bagages, une Fleur en moins et un bon mal de terre, on sera là, un peu perdu dans la foule... Quand tout à coup, n'apercevrait-on pas le sourire d'un visage familier...??
Et depuis, nous avons quitter Kerkennah, même si un peu de notre coeur est resté sur cette île extraordinaire.
Nous sommes partis à marée haute, en suivant les enseignements de Mohamed et Salem pour voir les fonds à travers la surface de l'eau.
Nous avons mis l'encre en pleine mer près de la bouée délimitant la zone de haut fond kerkennienne. Il y avait 3 mètres de fond, la mer était d'huile. C'était l'été!
Le lendemain trop heureux de retrouver les plaisirs de la navigation, nous étrennons le spi.
Nous faisons route vers Madhia à 5,50 noeuds, avec 6 noeuds de vents, la Fleur vole sur la mer, sa grande pétale ouverte aux vents portants.
Le port de pêche de Madhia est une belle escale. Situé en pleine ville, le ponton pour les plaisanciers nous offre un bel abri où nous laissons notre Fleur le temps d'aller à Paris, embrasser les jumeaux et ceux qu'on aime.
On en profite pour ramener les affaires d'hiver.... nous voilà bien chargé sur le quai du « métro » allant de Madhia à Monastir Airport!!
De retour sur la Fleur à Madhia, nous sommes le 29 juin. On est heureux de retrouver la Tunisie, on se sent un peu comme chez nous, avec notre maison flottante, les bouquets de jasmin, la lumière d'Afrique, les odeurs de poissons du port, les palmiers, la langue arabe, le thé vert, le muesin...
Alors on s'installe quelques temps à Madhia, on va au marché aux poissons le matin, au hammam l'aprés-midi, on change les batteries de la Fleur, on lui fait un taud de soleil tout neuf. On appelle Hannan et Salem au publinet pour faire un coucou.
Puis départ de Madhia, route vers Monastir, où Plume vient nous rejoindre pour une semaine.
Ballade en mer entre Téboulba et la chic Marina d'El Kantaoui, on a trés chaud, on mange du poisson grillé, on rigole beaucoup. C'est les vacances!!!
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Plume rentre à Paris, et nous, nous entreprenons de faire refaire la capote de la Fleur. Un épisode qui va nous prendre la semaine. Entre le caïd du port qui veut refaire les capotes de tout le monde mais passe sa journée à la plage, et le tailleur avec qui nous passerons une journée entière dans sa boutique à dessiner à la craie, couper le tissus, lui indiquer où coudre, nous rentrons extenués mais trés fiers de notre capote toute neuve.
Aprés un plan de travail bien tapé, un souk de fripes bien ensoleillé, des sashimis de thon rouge bien partagés avec les adorables Olivier et Martine sur Tombouctou.
Le 19 juillet nous quittons la Tunisie, 2 mois aprés y être entré!
La traversée se passe trés bien, une mer agitée mais un bon vent de travers nous permet de faire tout à la voile avec une moyenne de 5 noeuds. Partis au matin des îles Kuriat nous arrivons à Lampedusa vers 1 h du matin de nuit. Nous rejoignons le port au sud de l'île, où la mer, protégée de la houle du nord, est un miroir dans lequel les lamparos des pêcheurs s'y reflètent.
Quelle joie de retrouver l'Italie!
Nous restons 4 jours au mouillage dans l'avant port : Cala Guitgia.
Nous rejoignons le quai en ville avec l'annexe, les linguines à la marinara sont un délice. Nous ouvrons des grands yeux ravis sur les terrasses trés chic de la Via Roma. Nous tombons dans la Salumeria e Lateria, le porte monnaie en prend un coup, rebonjour l'€uro.
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Aprés une dernière matinée dans la Cala della Madonna (celle dans Respiro, à la fin, avec la Vierge et l'enfant sous l'eau) nous reprenons notre route vers Malta.
La traversé commence bien, mer trés calme petit vent au travers mais du sud cette fois, nous pousse jusqu'à la nuit, puis le vent tombe, on finit au moteur.
On mouille dés notre arrivée sur Malta dans une baie de craie blanche, l'eau est transparente, incroyable! Un bon bain bien mérité aprés une traversé de 100 miles!
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Et depuis... nous sommes arrivés à La Valette , elle a fière allure notre Fleur dans cette belle ville où la langue est si étrange. D'ailleurs Mathieu se demande en ce moment même, quelle est la racine de cette langue, puis il croque dans sa biscotte.
Bon p'tit déj à tous!!!
Quel silence!!!
C'est que depuis trois semaines que nous sommes en Tunisie nous avons bien compris et bien assimilé le « Inch' Allah » local, qui prend tout son sens pour les marins que nous sommes.
Alors on ne sait pas trop bien par quoi commencer...
Reprenons à la traversée de Sardaigne vers la Tunisie : 160 milles, un record pour notre équipage!
Aprés une analyse météo très pécise, nous avons décidé de mettre le cap directement sur Kelibia, pour passer le Cap Bon dans la foulé. Nous avions les vents pour nous, et nous gagnons du temps sur notre parcours pour rejoindre Colette et Ouanes à Kerkennah.
Aprés voir couru après un drapeau tunisien, nous avons quitté le port de Villasimius accompagné du gybsea familial de la maman sétoise, du papa suisse, et du petit Yann, qui s'éloignait vers la Sicile, 30° plus à l'est... Début de traversée plutôt tranquille, la mer s'est calmée considérablemment devenant maintenant peu agitée, le soleil est de la partie et notre Fleur est plutôt épanouie sous une allure de petit largue (110° du vent, tribord amure!). Ensuite, quelques complications sont venues altérer un peu notre bonne humeur : Tout d'abord, la mer, large, qui nous drossait jusque là sous un angle plutôt agréable, devînt vers les 19h un tantinet brusque et refusante, provoquant chez un membre de l'équipage quelques désagréables états, l'obligeant, une fois soulagé, de descendre dans le carré pour se reposer et retrouver un meilleur équilibre interne... Puis, alors que la luminosité du jour disparaissait, nous vîmes, au loin, quelques mauvaises noirceures celestes, lézardées, de temps à autres, par quelques belles mais inquiétantes étincelles géantes! Inexorablement, on se rapprochait de cette zone, et elle se rapprochait de nous, sans avoir d'autres choix! C'est donc vers minuit, que, prévenue par une soudaine et massive averse, nous decidâmes de nous réfugier à l'intérieur, moteur allumé, un tout petit bout de voile pour être plus stable, et Jacob, fidèle parmis les fidèles, sorti pour une longue nuit de sa cabane au fond des bois, comme pilote et garant du « Bon Cap » ! Durant plus de 5h, le ciel se déchaina, laissant courrir de longs roulements au dessus de nos têtes... Les éclairs, fort heureusement pour nous, se déployaient généralement horizontalement, dans la masse nuageuse. Quelques rares parvenaient jusque la mer dans une éblouissement merveilleusement terrifiant! Nous avions préalablement plongé à l'eau de lourdes cosses metallique reliées aux haubans afin de prévenir d'un éventuel coup de foudre sur la mature (de plus un seul nous a suffi, c'était il y a 3 ans...). La pluie redoubla par moment, puis plus calme, mais jamais ne cessa..
Ce fut long, éprouvant, la fiabilité de Jacob, sans offense, devant être sous permanente surveillance! Vers 6h, le ciel se dégagea et on vit le soleil se lever, et notre moral avec !
Devant nous, grace à la Bonne prestation du couple Jacob-GPS, s'élevait les falaises du Bon : Pointe tendue vers la Sicile que devait d'ailleurs, au même moment, toucher nos amis Franco-Suisse de Villasimius !
Le vent forcit encore un peu atteignant les 25-26 noeuds, maintenant grand largue... On ne sort que le génois, ainsi qu'une simple ligne de traine alors que nous passons enfin le Cap.... Notre leurre, une belle imitation de hareng, attire malheureusement quelques mouettes et sterns... Tout d'un coup, un stern pique et plonge... Trop tard, il est pris au piège, l'hameçon s'est planté dans son bec, le voilà tracté maladroitement à plus de 6 noeuds... Finalement, on réussit à le ramener à bord et à le libérer... Il reprendra son envol sain et sauf....
Nous redescendons derrière le cap pour finalement arriver, au bout d'une longue baie de sable blanc, à Kélibia, premier pas en Tunisie, service de douane, contrôle d'identité, entrée sur le sol Tunisien, déclaration des biens à bord (« si vous avez trop, vous pouvez nous donner ! »), tout le monde est là sur le quai, un bateau français aussi, un américain, et surtout des pécheurs!
Il est 17h, les douches sont au fond d'un p'tit café de pécheurs, elle est la bien venue !
Cette petite escale au pied d'un superbe fort nous font retrouver des odeurs, des gouts, des couleurs, une langue rencontrés déjà au travers d'autres voyages passés... L'accueil est agréable, l'atmosphère tranquille, on y est bien !
Après une journée de ballade et de récupération dans les rues de Kélibia, il est temps de repartir vers notre but... Kerkennah ! Petite étude météo, lecture de carte, on hésite un peu sur les différentes possibilités. Finalement, on décide de partir en fin d'aprés midi, 48h après être arrivé! Le vent d'Est va nous permettre de descendre plein sud et de traverser entièrement ce si long golfe d'Hammamet et rejoindre la ville de Madhia, plantée sur le Cap Africa...
La mer est belle, le vent est chaud, l'ambiance du sud tant recherchée depuis notre départ de Port-Camargue est enfin là !Trés vite le soir tombe, nous restons vigilant toute la nuit car ici croisent de nombreux pécheurs avec leurs lots de filets, nasses et lignes... Quelques rencontres auparavant nous ont parlé de filets dérivants non signalés qui ont la facheuse tendance de se prendre dans la quille ou, pire, dans l'hélice du moteur... alors méfiance!
Ce fut une très belle traversée, nous arrivâmes sur le coup de 10h du matin au alentours de Madhia et décidâmes de mouiller l'ancre sur la cote nord du Cap Africa, bien protégé du petit vent du sud qui avait forci, et qui offrait une magnifique vue sur les vielles habitations de cette ville. Journée très agréable, entre peinture, pèche, lecture et repos. Le soir on reste solidement amarré à notre ancre pour passer la nuit ici, il y fait trop bon vivre!
Le lendemain, une dernière grosse journée de mer (10h) nous permet enfin de toucher les Iles Kerkennah. Quand nous disons « toucher », c'est effectivement physiquement que nous sommes entré en contact avec elle et ses hauts fonds! Juste devant le port de Kraten, alors que nous filions toutes voiles dehors sous 18 noeuds de vent! Jusque là, la journée s'était merveilleusement passé, avec le passage de la bouée de Chebba qui marque l'entrée dans la zone des hauts fonds du golfe de Gabès, un bancs de dauphins géants (cetains mesuraient plus de 3 mètres), et le plaisirs incroyable de naviguer pendant plusieurs heures avec 2 à 4 mètres d'eau transparentes sous le bateau, comme sur un lac, sans vagues, au prés, on file à 5 noeuds... jusqu'à l'arrêt dans le sable ! C'est Salem et Amin, deux jeunes pécheurs qui vont trés rapidement venir nous préter assistance. Alors enfin, on entre dans le port de Kraten, petit port de pêche au nord de l'ile. Tout de suite l'accueil y est incroyable, sourires, pleins de questions, on nous offre du poissons grillés. La vie semble d'un autre temps. On envie un peu cette simplicité et cette spontanéité. On appelle Colette et Ouanès : « ça y est, on est là! », il passe nous voir dès le soir même sur notre bateau, c'est drôle de les avoir quitter 2 mois auparavant à Clichy et de les retrouver ici! On est bien sur cette Ile! Nous sommes le Vendredi 23 Mai 2008, dans 2 jours, Inch Allah, nous partons pour Sidi Fredj...
Trois semaines plus tard, nous sommes toujours dans le port de Kraten! Entre eau douce "salée", électricité gardée, sourires amicaux, promenades sur les plages avec Colette et Ouanès, les 3 étoiles d'Alala, taxis pour Remla, assurance zélée, couscous chez Salem et Hannan, cafards clandestins, anniversaires improvisés, Soirée à la bière avec Henri Fonda, et surtout beaucoup de délicieux poissons grillés au khanoun!
Petit tour d'ambiance...
Mais nos aventures Kerkenniennes se terminent, on fait les derniers adieux, demain on part...
Inch Allah !
Ciao les amis, il a été long ce silence, mais que d'aventures! Aprés avoir vu la mer en ébulition, rencontré les lutins des montagnes, nous sommes restés prisonniers du seigneur Albator (qui n'avait pas internet) pendant des jours durant aprés deux tentatives d'évasions, nous avons tout de même réussi à atteindre la cité de Villasimius où un faible réseau arrose le port.
Voici donc le récit de nos dernières Aventures Homériques :
Depuis Palau, on avance tranquillement en glissant vers le sud de la Sardaigne... Les ports sont rares, alors on se cale au mouillage de temps en temps. Les vents beaucoup plus calmes depuis qu'on a quitté le régime des bouches de Bonifacio (rien à voir ni avec la cuisine Sardes, ni avec le président Américain !) nous permettent de nous approcher des splendides cotes et lancer notre ancre par 2 à 3 metres de fonds. Après les tempêtes, c'est le temps des trempettes !
Un port pas très féquentable
Pour ceux qui souhaitent suivre sur la carte, on a donc d'abord relié Porto Rotondo, très chic port de la côte Smeralda qui, selon deux Français, dont un ex-scaphandrier, devenuent autoctones, abriterait quelques renégats politiques voir sympatisants fascistes pourtant si impopulaire ici en Italie (sic!); ainsi, c'est ici qu'eu lieu la petite soirée privée festoyant la merveilleuse victoire de l'ami Berlu en présence de ses amis Poutine et Alemanno (qui depuis a reçu un beau salut Romain (re-Sic!))... Du coup, una Gelato é Basta !
La Tavolara
Ensuite, c'est la petite anse de Coda Cavallo bien cachée au Sud de l'extraordianire Isola de la Tavolara , monumentale île rectangulaire de 200 metres de haut et de 1km de long ressemblant à une immense table... d'où son nom !! Table appartenant à un géant qui aime dîner au bord de la mer. Nous resterons une journée de plus ici, l'endroit est tellement calme, sauvage et beau....
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Nous voilà déjà Samedi 3 Mai, il est temps de décoller. On quitte notre beau mouillage pour tailler plein sud, surtout que le vent s'est un peu lever du nord, rendant notre mouillage inconfortable, et qu'un plein d'eau douce serait le bien venu ! Du coup, sous génois seul, on descend lentement la cote jusqu'au port de la Caletta, petit port privé prés de Siniscola !
Dimanche, pas de vent, mais il faut avancer et le port de la Caletta est un peu cher ! Du coup moteur! Nous voici donc à la recherche d'un mouillage... ce sera la Cala Ginepro ! Nuit agitée, la houle se levant vers 3h du matin...
Le frisson de la mer
Donc, Lundi, nous quittons notre mouillage « houlé » de la nuit et descendons vers le sud. La mer est calme. Dans notre nez vient un petit vent, nous avancons donc en partie au moteur avec Jacob à la barre... Le soleil entre en grand dans le cockpit, nous nous la coulons douce sur notre Fleur, bronzette à l'avant, pêche à l'arrière, pas mal pour un début de journée. Bilan: une énorme vive (44cm mesurée sous contrôle d'huissier), un petit chinchard et les trois petits rouquiers pris avant le départ au mouillage... Ce soir ce sera la formule de la mer pour tout le monde !
En fin de journée nous arrivons dans la baie d'Orosei et c'est là dans une chaleur estivale que l'on assista à un étonnant spectacle... d'abord se furent des « chasses » de plus en plus nombreuses qui mettent l'eau en ébullition autour de nous, et puis, derrière l'une d'entre elles, un énooorme monstre marin argenté avec une queue en V fit un bond à la surface de la mer tentant d'engloutir une miriade de petits poissons paniqués... ! C'est alors que l'on sorti le Rapala géant avec excitation, la Fleur s'est transformée en Moby Dick chasseur de thon.... Nous passâmes alors deux heures à silloner au large de la Cala Gonone et à admirer les chasses effrenées à la surface des eaux... Les oiseaux : cormorans, mouettes, sternes, goëlans sont au rendez- vous. Ils se placent en aval de la chasse, et attendent les petits poissons fuyants arriver sur eux.
Quand les chasses se calment les eaux redeviennent lisses. C'est alors, qu'au détours d'une de ces chasses, comme dans une hallucination due aux coups de soleil, on aperçoit une tortue géante, toute tranquille, nageant comme si de rien n 'était... Magique !
Le jour tombant nous nous résolumes à rentrer au Port de Cala Gonone.
Cala Gonone.. petit port de pêche grossissant sous l'assaut galopant du tourisme... aussi bien de la mer que de la terre, en effet, ici, c'est méga connu des officionados de l'escalade (dites « la grimpe » pour être branché !!). On est bien ici, malgré les odeurs de gasoil, alors on reste un peu...
On se ballade, petites courses... On rencontre une famille de Lutins des montagnes : des grenoblois (Nico et Marion) avec un p'tit Léo de 13 mois (et un autre en cours dans le ventre de Marion) qui sont partis sur un tout petit First 25 depuis Gruissan fin Février et qui goutaient ici leurs doubles passions, la mer et la montagne... Petit apéro inoubliable sur le quai avec eux et quelques uns de leurs amis venus les retrouver ici pour « grimper »! Mais il nous faut descendre et nos trois amis et demi reprennent la route de la Corse...
Arbatax
Le mercredi, c'est le jour des enfants... alors, on décide d'aller chez notre Corsaire balafré préféré...ALBATOR !! C'est donc, en touchant un petit air de Nord Est que nous arrivons dans l'improbable ville d'Arbatax, ville où Albator, héros de l'univers, est né. Depuis, il essaie d'y revenir mais il retrouve plus sa carte marine... En même temps, il fait bien de pas revenir ici parce qu'ici c'est un peu comme à Calvi.. quand t'y est, t'y reste !! Et parfois TROP longtemps !!
Et oui, c'est alors qu'on voit apparaître à la corde notre bonne vieille petite tempète! Du coup, une mer forte, des vent forts dans le pif et nous voilà bon pour un séjour forcé chez Albator....
Bon cela dit, on est pas seul... des Français, un Finlandais, des Maltais, des Suisses sont là aussi et attendent tous sagement que le port les libère de leurs ensorcèlements...
Vendredi 9, on sort, mais la mer ne veut pas, alors on va mouiller dans l'avant port avant de revenir à quai Samedi à cause d'une nouvelle pénible houle. Et nous voilà donc Dimanche, on s'apprète à manger une petite soupe à l'oignon... Demain, le départ ? A voir... maintenant ils annoncent des orages... Bon, on espère qu'on arrivera à temps en Tunisie et à Kerkennah pour faire un petit coucou à Colette et Ouanès avant qu'il ne repartent...
La tentative
Les yeux rivés sur la météo faisant des incantations à Albator, nous apercevons une ouverture pour le lundi, le vent faibli (12 noeuds max annoncés). On saute sur notre petit navire fleuri et GO! En passant le cap de la Bellavista on prend en photo le port pour le souvenir... La mer monte s'accrément... Le vent vers les 8 noeuds nous aurait permis de sortir les voiles s'il n'avait pas été dans notre nez! Au moteur (avec la grande voile pour stabiliser le voilier, Louise saurait mieux vous expliquer, mais en gros le vent appuie sur la voile et la quille du bateau appuye sur l'eau ce qui permet au bateau de ne pas trop subir les grosses vagues), coûte que coûte nous avançons face à ces montagnes d'eaux... Un autre voilier plus téméraire a sorti toutes ces voiles et taille la mer de long en large pour remonter le vent. Nous approchons le Cap SferraCavallo et le vent monte encore : 12, 15 noeuds.
Notre Petite Fleur lutte, mais notre vitesse s'en trouve diminuée, plus le vent monte plus elle peine à avancer. On sort les voiles? Mais on commence à la connaître notre fleur et dans cette mer là elle serait déventée et stoppée net au fond de chaque vagues... On continue, en esperant qu'aprés le cap le vent se calmera. Mais le vent se renforce encore : 24, 28, 30 noeuds, le voilier devant nous à de plus en plus de mal à remonter. La décision à prendre est clair, on avance plus, le premier port est trop loin pour l'atteindre avant la tombée du jour avec notre vitesse. Alors c'est le coeur serré que nous avons fait demi- tour. Et maintenant, dos au vent, plus besoin de moteur, un peu de grand voile et un peu de génois (voile d'avant) et nous voilà filant sur l'eau avec notre Fleur en forme de papillon. En deux temps et trois mouvements nous étions à nouveau à Arbatax sous la pluie pour couronner notre retour. Mais ce que nous ne savions pas encore c'est que le voilier qui nous accompagnait dans cette folie avait aussi fait demi-tour, en nous voyant rebrousser chemin.
A bord de ce bateau de location étaient deux p'tits suisses : un directeur de sculpture sur silicium et sa femme. Avec qui nous nous sommes consolés autour d'un vieilles vignes de leur coin délicieux.
Le lendemain la menace de « pioggie » (la pluie pour les non bilingues) ne nous a pas empêchés de partir pour une balade à pied qui s'avèrera plus longue que prévue.
La ballade dans le monde de Telis

Nous avons tout d'abord traversé le village en glanant quelques neffles et citrons dans les jardins des maisons délaissées. C'est le phare de la pointe du Cap Bellavista qui guidait nos pas. Nous sommes allez jusqu'à la petite crique de Porto Frailis, où nous nous sommes rejouit d'être à terre en voyant l'état de la mer au large. Nous avons traversé le campement des voyageurs installées dans leur tente prés de la mer. En visitant les lavabos très rétro tous alignés quelques souvenirs d'enfance dans le Lubéron ont fait surface.
Puis nous avons visité les flaques des rochers habitées de quelques crabes translucides.
Et de rochers en rochers, de coquillages en coquillages, nous avons atterri dans une petite crique entourée de petites maisons orcres. Un chemin de sable bordé de laurier roses circulait entre les maisonettes toutes fermées. Curieux et toujours soucieux d'atteindre le phare perché sur le cap, nous
nous sommes aventurés sur le chemin. Nous avons passés deux grandes portes bleues et nous sommes arrivés sur un chemin surplombant la mer, entourré d'une nature beaucoup moins maitrisée, les maisons avaient dispararu et les oiseaux riaient au dessus de nos têtes. Mais s'en se méfier plus que ça nous grimpions le long du chemin. Le sol étaient de plus en plus couvert de petites crottes comme des petites olives. C'est alors qu'au détour d'un chemin une meute de sangliers nous surpris derrière un grillage. Ils étaient enfermés, parqués dans une cage circulaire. Etonnant, un élevage?
Nous avons passé rapidement notre chemin. Mais au virage suivant en contre bas du chemin c'est un sanglier affranchi, un sanglier libre que nous avons aperçu. Puis un autre et encore un autre. La végétation ressemblait maintenant à une forêt plus sombre et plus sauvage. Notre chemin était finalement étrangement large et bien fait, nous accélérions le pas en marchant bien au milieu.Un large virage devant nous, une sorte de clairière, nous arrivions au village des phacochères sardes. Il y avait un petit abris ocre, et des petits marcasins se promenaient au milieu des adultes, c'est alors que nous nous sommes mis à chanter dans le but d'intimider s'en surprendre les habitants de ce curieux village. Heureusement sur la plage nous avions trouvé un bois flotté tout noué auquel nous attribuions quelques pouvoirs pour nous rassurer. Le chemin se mis à monter sec, en haut sous un pic rocheux c'est la famille de Bambi que l'on croisa. L'un d'entre eux très téméraire nous permis de l'apporcher à moins d'un mètre. Mais où sommes nous? Puis ce fut le tour des moufflons, des chèvres perchées dans les accacias. Et enfin le chemin pris fin juste sous le phare, à nouveau une grande porte bleue, mais celle-ci nous ne pouvions la passée trop haute trop barbellée........
Et c'est là que nous avons commencer à comprendre que nous étions entrés dans le monde de Telis d'où on n'en ressort pas facilement. Peu enchantés de nous retrouver à passer la soirée au pays des porcins, nous cherchions frénétiquement la plus proche issue (le chemin de l'aller trop long et trop incertain). Evidement vous n'allez pas le croire mais c'est à ce moment là que la piogge si annoncée fit son entrée sur scène. Nous sommes passés devant l'amphithéatre, boueux où quelques porcins étaient en répetition, nous avons longé le grillage du sémaphore et de la caserne militaire, des avions furtifs faisaient des tours dans le ciel. Griffés par des plantes veineneuses, nous avons essayé d'escalader une autre porte bleue bien trop haute, nous avons croisé un trol italien au sourire grimaçant qui nourrissait les porcs (rien à voir avec Berlusconi) , « vous êtes venus par le bord de mer? Ici tout est fermé, il vous faut retourner par la mer? » A la fin, on passait à côté des sangliers sans même y prêter attention et eux non plus d'ailleurs, c'est à partir de ce moment là qu'il est urgent de quitter les lieux! Avant de se transformer en porcins. Grâce au bois flotté magique, nous avons entrevu une sortie possible à travers le grillage, aprés une et deux contorsions bien menées nous étions sauvés, hors de danger, affranchis, libres...
De retour à Arbatax, parmis les touristes, nous étions tout drôle......
Le soir les p'tits suisses mettaient le cap vers la Sicile. Nous, épuisés, trouvions le sommeil rapidement.
L'échappée
Comme si l'ensorcelement n'était pas assez grand, un fait nouveau, une épreuve nouvelle allait apparaître. « Les militaires font des tirs de missiles en mer dans une large zone au Sud d'Arbatax. Il faut bien lire les avis aux navigateurs parce que ce matin y a un anglais qui a du faire demi-tour manu militari parce qu'il naviguait dans la zone pendant les périodes de tirs ».
Comme si la météo ne suffisait pas. La Zone, on se croirait dans un film de Tarkovsky, s'étendait sur plus de 30 milles sur les côtes, impossible de passer entre 9h et 20h tout les jours sauf le week-end.
C'est pourquoi nous décidons de partir le mercredi 14 mai à 20h au vu de la météo : (pas de vent : 2 noeuds du sud, mer ridée, ciel peu nuageux).
En partant de nuit nous étions sur de sortir de la Zone avant les 9h du lendemain, et du coup nous allions directement à Villasimius tout au sud de la Sardaigne.
C'était la bonne idée, dés que nous sommes sortis du port, en voyant la mer comme un miroir, nous avons su que c'était la bonne.
Il a fait bon, la Lune nous a accompagnée, une bonne partie de la nuit, relayée par la voie lactée. La mer, un vrai lac, on glissait à une vitesse vertigineuse. Vers 2h une petite brise c'est levé à 60°, elle nous a permis de sortir les voiles pour naviguer au bon plein pendant un bon moment.
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Le lever de Soleil fut magique, un gros bonbon orange qui restait collé à la surface de l'eau, se déformant, comme de la guimauve.
Maintenant à Villasimius, nous nous tenons prêt pour notre passe vers la Tunisie. Mais pas avant Samedi 17 au soir, car pour l'instant ça souffle à fond en Tunisie, et surtout dans le canal de Sardaigne.
En attendant, on réfléchi à la suite de notre voyage... Une fois à Bizerte, on essaiera donc de retrouver Colette et Ouanès à Kerkenna avant le 29 Mai, via Tunis et Kélibia... Mais si Eole en décide autrement et que le temps nous manque, on rejoindra peut-être plus rapidement les côtes de Pantelleria, Malte et Sicile... Notre projet de rejoindre la Grèce est pour l'instant au point mort ! Cela dit, dans ce gruyère, n'hésitez pas à manifester votre envie de nous rejoindre à bord, ce serait avec plaisirs que notre fleur s'ouvrirait à vous !
A bon entendeur....
Aprés un rythme peu propice au farniente qui nous a conduit jusqu'aux cotes Sardes, c'est enfin le temps des vacances, certes venteuses mais largement chaudes et ensoleillées... Fini les 10h de navigation par jour, maintenant ce sont les mouillages dans les criques...
Mardi 22 Avril, c'est le grand événement... Nous allons recevoir Anne et Michel (les parents de Sarah pour ceux qui savent pas!). On brique un poil le bateau, on fait quelques lessives, on change l'eau de la Fleur, quoi!
Les voilà à bord et nous sommes les plus heureux. Pour aujourd'hui et demain les sorties en mer ne sont pas recommandées (force 8 Beaufort dans l'archipel). Ca nous laisse le temps de prendre nos marques à 4.
Mercredi 23 Avril, on se ballade à pied le long de la côte sarde, on admire les fleurs ''terrestres'', on pêche, on tricote, on se régale des cannoli de la pasticceria. Le départ est pour demain.
Jeudi 24 Avril en jaune sur la carte
On quitte Palau pour l'île de Caprera. la mer est belle à ridée ça faisait longtemps qu'on l'avait pas vu comme ça. on choisi une petite crique tranquille... et là c'est partie les vacances : une mer turquoise, des oursins dans les assiettes, le grand soleil... certes l'eau n'est qu'à 16,5° mais y'en a qui se baigne...
On passe une après-midi paisible sur notre Fleur pour ce premier mouillage.
Puis vers la fin d'après-midi on se faufille dans l'anse de Cannigione. Après un tour dans la petite ville, on se régale des anti-pasti d'une petite cantine pleine de charme.
Vendredi 25 Avril en bleu sur la carte
On repart vers l'île de Caprera après « un caffè en ville ». On repasse devant la crique de la veille puis on tente le passage étroit entre l'Isola Rossa et l'Isolotto Pecora, nos invités ont droit au repas en navigation spécialité du bord : les pâtes au thon (recette en annexe1)
Sur la pointe de l'ile le vent se met dans notre nez ce qui nous oblige à tirer un bord vers le large (sensations à bord)
c'est assez tard que nous arrivons à Porto Massimo ( Porto Lungo) sur l'île de La Maddalena, et là, tout est en travaux, impraticable... Nous avisons des bouées à la sortie du port, on s'amarre à l'une d'entre elles et nous voilà partis pour une première nuit au mouillage.
Et c'est cette nuit là, que la Fleur s'est mise à chanter. Des harmoniques incroyables, on a tout d'abord cru aux sirènes, aux baleines, puis on a évacué la question en se disant que se devait être les balises du port. Mais elle a continué, depuis cette nuit au mouillage à Porto Massimo la Fleur chante.
Samedi 26 Avril en violet sur la carte
On quitte un peu tard le mouillage, la mer est montée dans les Bouches de Bonifacio, elle est peu agitée à agitée par moment. Ca remue un peu tout le monde à bord, « c'est aussi ça la mer! ».
En descendant vers l'île de Sparghi la mer se calme mais le vent nous refuse les mouillages du sud de l'île. C'est sur l'île de la Maddalena que nous trouvons la Cala Francese comme abris pour une aprés-midi ensoleillée et de plus en plus calme. La Fleur chante toujours. Quelques italiens en week-end se dore sur le sable.
Nous repartons vers la ville de La Maddalena où nous passerons la nuit.
La ville ne manque pas de charme, encore non atteinte par les flots touristiques, elle vit et s'anime en ce samedi soir.
Dimanche 27 Avril en rouge sur la carte
On fait un tour en ville en ce dimanche matin, animée de communions et de mariages. On boit « un caffé » en terrasse, ca bouge dans tout les sens, les enfants et leur balles, les mamans et leur poussettes, les papa et leur fistons, tout le monde endimanché, sous en soleil de plus en plus convaincant.
La pasticceria 2B dans une rue adjacente de la place du marché se souviendra de notre passage, leurs amaretti, et leurs cannoli ont séduit tout le monde à bord.
Aprés cette pause sociale, nous reprenons la mer vers la calanque de Porto Pozzo, où les faibles profondeurs nous provoquent quelques sueurs.
La crique est très sauvages, personne en vue, l'eau est à 17°, les décidement très courageux se baignent à nouveaux. La séjour touche à sa fin on veut profiter jusqu'au bout de ces moments ensembles, mais il nous faut rentrer à Palau pour préparer le départ de Anne et Michel du lendemain matin. Le retour est très calme, plus de vent du tout. L'arrivée au Port de Palau sera ponctueé par une course mémorable aprés une douche tant désirée.
Lundi 28 Avril
Au lever du jour, ils sont partis prendre le bus pour Olbia. Ca aura été une semaine extraordinaire, on s'en souviendra pour longtemps!
A quand la prochaine, et les prochains...
Annexe 1 :
Recette des pâtes au thon pour 4 personnes :
Des Pâtes 500g (fusili ou farfale par exemple)
Une boite de thon au naturel
De l'huile d'olive premiére pression à froid (l'huile sarde est excellente)
Une botte de persil plat
Un 1/4 citron
sel, poivre
Faites bouillir une grande casserole d'eau salée
Pendant ce temps, ouvrez votre boite de thon, emmiettez la dans le plat de service (grand saladier)
Ajoutez généreusement l'huile sur le thon et mélangez bien
Assaisonnez à votre goût avec le sel ( pas trop), le poivre, et aprés avoir rincé le persil, cisellez-le (pas trop) et ajoutez-le au mélange.
Arrosez le tout du jus du 1/4 de citron pour finir.
Faites cuire les pâtes al dente
Essorez et ajoutez-les à la sauce, directement dans le plat.
Remuez le tout énergiquement!
Servez rapidement
Bon appetit!
Fermez les yeux, vous êtes sur Fleur Espine....
Résultat du jeux Carcufi:
Bravo à Tous pour ce taux de participation... et d'imagination!Ca nous a fait chaud au coeur...
Petite précision, aucun trucage ne s'est glissé dans ces assiettes, il y avait donc bien 1 artichaud dans chaque assiette et un bol (effectivement commun) pour la vinaigrette!
La grande gagnante incontestée, car ayant non seulement trouvé la bonne réponse (comme quasi tout le monde d'ailleurs !!) mais en plus parcequ'ayant une interprétation parfaite du caractère désordonné de sa nièce : Françoise dite « Fanfan » pour les intimes (que nous sommes!). Elle recevra son lot d'artichaud dès notre retour en France !!
Deuxième prix pour Jean-Marie qui, avec brio, a su déceler la différence de style (musical) entre nos deux assiettes! (il aura sa photo de Calvi dédicacée...)
PS: Heu, sinon maman, j'adoooooore les artichauds maintenant !!
Petit jeu : Voici nos deux assiettes après une articho'party... A vous de deviner à qui chaque assiette appartient!


On attend vos réponses dans les commentaires, un tirage au sort déterminera les gagnants (1er lot : un bouquet d'artichauds tout chaud, vive les artichauds, vive le printemps!! - 2ème lot : une photo de Calvi dédicacée! )
.....
Et oui nous voilà enfin en Sardaigne.
Aprés deux autres faux départ de la « ville qui colle » (on sera finalement resté 8 jours à Calvi), on profite d'un vent d'Est inespéré pour filer plein sud. Nous sommes le jeudi 17 Avril.
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35 milles plus loin, on papotte météo avec un pêcheur de Cargèse... où l'on passe la nuit (souvenir d'un 19 août 2006) !
37 milles plus loin, on prend une douche à la tombée du jour sur le ponton du port de Porto Pollo... où l'on passe la nuit !
32 milles, et presque autant de dauphins plus loin, on arrive à Bonifacio... où l'on passe la nuit !
16 milles plus loin, devant un match Juv' – Inter Milan, on déguste nos deux premières pizza ! Nous sommes Dimanche...
Et ce Lundi 21 Avril, 6 ans après, comme pour nous rappeler un funeste anniversaire, ici c'est Silvio qui se marre !!
Bienvenue à Palau – Sardegna – Italia !
L'Europe est presque nue, il ne lui reste plus qu'une chaussure....
Heureuse nouvelle ce matin par nos amis météoriste!! Le vent faibli dans la matinée de ce dimanche et ce, jusqu'à demain midi... Une bonne petite fenêtre météo comme il y en a peu pour sortir de cette satanée Balagne qui nous retiens depuis 4 jours...
On se prépare donc, on fait le casse croute du midi (bien qu'il soit 11h, histoire d'attendre un peu l'acalmie prévue), on s'habille comme des marins Bretons et on allume le moteur qui n'a pas tourné depuis la traversée pour le chauffer un peu... Tout se présente bien, le vent ne souffle qu'à 16 noeuds dans le port (c'est quand même force 4 à 5 !!)... Départ de notre place de port sans soucis, on a le vent dans le dos... On sort tranquillou du port...
Là, le vent monte un peu, 18-20 noeuds, mais c'est bon! On lance la grand voile avec quand même 1ris ½ (réduction de 40%) sous la citadelle de Calvi, à l'abri de la houle, puis cap sur la Revelata, au bon plein (pour les novice, c'est un prés mais pas trop prés quand même, en gros à 60° du vent)... On déroule en partie le génois (pareil, on réduit un peu à cause du vent un peu fort quand même!)... Et puis, en passant au delà du petit cap que forme le promontoire de Calvi.... ça monte, monte, monte !! La houle se creuse, les vagues déjà moutonnantes se mettent à déferler un peu par endroits, et le vent adonnant légèrement au Sud se renforce... 24 noeuds, 28-30 dans les grosses rafales... Notre fleur se couche un peu, la barre tire fort, on se fait mouiller par les vagues s'éclatant violemment sur notre pointe... Oulalala, ç'est un peu fort là tout de même !
Du coup, demi tour! On vire et on abat en grand pour rejoindre l'endroit abrité sous la citadelle dèjà à un bon mille derrière nous... On rentre le genois, on affale la grand voile... on rentre dans le port...on reprend exactement la même place, à coté de « Wombat »(une rencontre Suédoise)... il est 12h30, il fait très beau, c'est l'heure de manger nos sandwichs...
Bienvenue en Corse !!
PS: Merci à notre ami Suédois pour les belles photos qu'il a fait de notre faux départ...
Ca y est nous y sommes!! Nous avons fait notre première traversée. Nous voici à Calvi.
Bon, entre temps nous avons quitté Cavalaire après une journée off bien rempli : changement de la bouteille de gaz, courses, et lessives (pas mal le fil à linge dans les haubans).
Nous avons navigué jusqu'à un tout petit port de pêcheur prés de St Raphaël : le Poussail où nous avons passé une nuit mouvementée.
Puis du Poussail nous sommes partis très tôt, et avons rasé les côtes avec toutes nos lignes de traines et vers 9h30 en passant prés d'un haut fond, le tant attendu poisson d'avril mordi. Un beau chinchard!! Une bonne dizaine de photos.
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Arrivée à Antibes en début d'après-midi. C'est dans ce très grand port abritant que de très gros bateaux que avons trouvé une place incongrue mais gratuite pour notre petite fleur en attendant la météo adéquate pour la traversée.Car pendant ce temps là, le mistral souffle toujours plus .... Même les autoctones sont perdus et n'arrivent plus à lire dans les nuages... alors Météo France !!
Malgré tout, les prévisions, un tantinet (spéciale vaillante pour qui sait ;-) découragantes, laissent entrevoir une possibilité Mardi matin... On se prépare, on doute, des averses orageuses sont annoncées, mais les bulletins météo pour les jours qui suivent sont pires... du coup, on tente le coup aprés la météo de 7h30 n'annonçant plus que des « averses éparses » on largue les amarres, direction la Revelata!
Il est 9h30 ce mardi matin, il fait bien frais, un vent Sud Est pile poil dans le nez souffle modérément... Comme prévu la mer s'est calmée, alors avec le moteur on file plein axe... au 130 ! Le ciel est très nuageux, on se fait rincer par une bonne pluie dès le départ... merci à notre ami le pilote auto qui nous permet de rester planqués sous la capote, à l'abri! Et puis doucement le vent glisse vers l'Est, il s'est un peu renforcé, alors on sort toutes les voiles, au prés, laissant ainsi nous prendre le silence assourdisant de la mer pour plus de 20 heures.... La nuit commence a arrivée, par endroit le ciel se découvre, on commence à apecevoir une étoile...
Doucement, on glisse à 5 noeuds sur une mer qui disparaît de plus en plus pour laisser place au noir de la nuit... Il fait encore plus froid, on essaie de dormir un peu.
Alors, aprés un petit coup de moteur pour recharger les batteries, la mer se réveille... et nous aussi! L'aiguille de l'anémomètre indique 24 noeuds, les vagues montent; dans le noir, on devine les cretes blanches qui deferlent... mais notre fleur n'a pas peur!! Il est 1h du matin...
Il fait toujours froid, parfois la mer vient mouiller le cockpit, c'est du sport, ça réveille. On fait des quarts à l'abris de la couverture polaire. On barre avec les étoiles, parfois filantes.
Des lumières à l'horizon, serait ce la terre? Et non, c'est encore un ferry : énorme immeuble, imperturbable géant des mers. Et enfin derrière un des géants apparaît un point fixe et clignotant, le phare de la Revelata. On se passe et repasse la barre, fixant dans la nuit cette lumière intermittante puissante et blanche.
Puis le ciel s'éclairci, on voit déjà bien la côte corse. Le lever du Soleil ébloui notre arrivée dans la baie de Calvi. Ca sent bon les pins, la forêt et la brebis, à vue de nez on dirait le pays basque.
Amarrés et heureux, on commence à se détendre, les douches chaudes finissent le travail. Puis la dame de la capitainerie nous offre avec son sourire matinal un café croissant, bienvenue en Corse!
PS: Pour ceux qu'on pas compris lors du précédent article: dans la langue maritime, un papillon c'est comme un ciseau, ou une mise en opposition de voiles... en gros c'est quand y'a la grand voile d'un coté (ou amure) et le génois (la voile d'avant) de l'autre coté (bon, cela dit, y'avait quand même une belle photo pour illustrer ce papillon posé sur notre « Fleur »!)
Effectivement, nous sommes donc parti Mercredi 26 Mars, profitant d'une courte pause des forts vents des équinoxes !
Première journée à bord : on découvre notre bateau par une belle journée ensoleillée avec un vent de Nord Ouest à Ouest de 12 à 16 noeuds... Assez idéal ! Hésitant entre le largue et le vent arrière nous finissons aux Saintes Marie de la mer avec un beau papillon sur notre « Fleur »... On est heureux, tout s'est bien passé ! On rencontre Jean-Luc et sa compagne qui font, avec un Coco 6,50, le même tour de Méditerrannée que nous ! C'est assez Dingue !
Malheureusement, durant la nuit, une dépression se reforme du coté de la Corse, on annonce de fortes rafales à 7 ou 8... On reste Jeudi aux Saintes!
Vendredi 28 Mars, le vent est fort mais, malgré la grève à Météo France, on sait qu'il va mollir dès le début d'aprés midi... on se prépare, « Don Coco » et nous ! On part vers11h30 en nous suivant toute la journée pour effectuer la longue traversée des cotes Camargaises et du golfe de Fos sur mer jusqu'à la cote bleue (36 milles). Nous suivons les conseils de Jean-Luc sur « Don Coco » et décidons de passer la nuit au petit port de Carry le Rouet. Belle journée, chaud, à nouveau c'est principalement en papillon que nous passons la journée avec un vent d'ouest de 10 à 16 noeuds. On déroule la ligne de traine pour la première fois... on ne pechera rien aujourd'hui! On se régale quand même, la houle nous berce un peu par l'arrière mais « Fleur Espine » reste très confortable... Boby Lapointe est à fond sur le bateau-radio...


Samedi 29 Mars, la mer s'est encore un peu levée, elle est très agitée, le vent n'est pas vraiment stable, du coup on écourte la journée pour rejoindre le Vieux-port de Marseille... le ciel se dégage en ce début d'aprés-midi nous laissant apprécier un magnifique spectacle que sont les iles du Frioul et la belle ville de Marseille juste devant ! Ce soir, ce sera un bref retour à la civilisation... Petite ballade au marché de Noailles et cinéma!!
Dimanche 30 Mars: On part très tôt de Marseille (du moins le croyions nous, on avait oublié le changement d'horaire !), le vent s'annonçant fort en milieu d'aprés-midi. Dès la sortie du port, le vent de Sud-Est est déjà à 24-28 noeuds, on décide de traverser la baie avec 2 ris pour se réfugier de l'autre coté au petit port de l'anse des Goudes (histoire d'avancer un peu quand même!). Mais arrivant à proximité du cap Croisette, l'envie nous prend de poursuivre un peut pour voir de l'autre coté de cette pointe comment est la situation. Après un passage entre le cap et l'ile Maire au moteur, on rencontre un vent certe plus fort mais surtout beaucoup plus régulier... On continue donc jusque Cassis dans une mer forte, au prés, avec 28 noeuds et quelques rafales bien soutenues... Le bateau passe très bien, il ne remonte pas trés bien au vent mais a le mérite de giter peu et de fendre gentiement les vagues... Cassis est cependant la bienvenue aprés une journée autant éprouvante pour nous que pour le bateau...
Lundi 31 Mars : Il pleut, on attend le passage du front froid et de ses coups de vents forts en restant tranquillou au port de Cassis... On en profite pour faire un peu de ménage!
Mardi 1er Avril: Pour un poisson, ce fut un gros poisson pour nous... on a vu nos premiers dauphins en arrivant sur l'ile de Porquerolles !! C'était magique ! Sinon, cette journée fut aussi une superbe journée de navigation, toujours sous papillon que notre « Fleur » aime tant...


Mercredi 2 Avril: Petite journée pour rejoindre la côte varoise à Cavalaire, histoire de s'éloigner encore un peu plus des vents très forts qui balaient tout le golfe de Lion, maintenant derrière nous !!
On commence à envisager notre traversée vers Calvi... on suit de prés la météo !!
A bientôt pour la suite de nos aventures....
Départ différé, la méditerrannée fait sa révolution...
Comme pour fêter les quarantes ans, ici c'est le vent qui en ce moment prend la parole et nous rappelle que si l'on veut exister il faut parfois le crier et monter des barricades... Alors il crie et dresse des murs ! A 30 noeuds, à 35 noeuds, par rafales parfois, puis avec la fatigue sans doute, il se calme, reprend son souffle... Mais les acalmies sont courtes et grondent les vagues...
Demain... Inch Allah !
Petit lien d'une émission commémorative du dimanche 23 mars 2008... Rires jaunes assurés...: http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/paniqueaumanginpalace/
Suite et (presque) fin des travaux lors une semaine bien agitée...
CRR fraichement en poche, nous repartons pour Port Camargue! Au programme, derniers gros travaux, et tris... Beaux temps, températures agréables, vite, il est donc l'heure de peindre l'espace toilette à l'avant. On en profite pour repenser et vernir quelques éléments en bois : racourcir la table du carré, poser une nouvelle étagère pour notre bibliothèque (c'est fou tout ce qu'on va pouvoir lire à bord !), découpe pour encastrer les enceintes de l'autoradio dans la cloison... Ensuite, reconfigurer le panneau électrique... là c'est plus compliqué...
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Malheureusement, trés vite le temps se dégrade, on annonce même un avis de forte tempète localement ouragan sur notre zone ! Effectivement ! Notre baromètre chute fortement... ca va secouer ! Du coup, impossible de continuer nos travaux... On en profite pour aller régulariser officiellement notre achat aux douanes de Sète ainsi qu'aux Affaires Maritimes du Grau du Roi... Et nous voilà enregistré sur notre Acte de Francisation (sorte de carte grise du bateau)... Youpi !
Mais déjà, les prochaines échéances éléctorales se profilent à l'horizon !
Après trois jours de vents violents et de températures Sibériennes, c'est le retour à la clémence, on continu nos travaux. Mais avant tout, on rince à l'eau douce le pont du bateau qui est constellé de sel, tous les éléments laissé sur le pont sont sous une épaisse couche de sel (provenant de la mer mais aussi des salins du groupe "La Baleine" se touvant juste à coté). Ensuite on résine à la fibre de verre une petite partie endommagée du contre moulage dans l'espace avant, on remonte les toilettes (nouvelle pompe), on trie, on range, on jette, on finit de nettoyer...
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Le bateau est presque pret ! Il nous reste à remonter la voiture, reserver notre train pour redescendre, et voter ! Mais avant cela, une dernière chose à faire... Poser et inaugurer le nouveau nom du bateau : au revoir Chrismalog, et RE-BONJOUR "FLEUR ESPINE" !!
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