à fleur d'eau...

Une échappée à deux... Et si vivre ses rêves devenait un acte de résistance?

Jeudi 12 juin 2008 – Inch 'Allah

Quel silence!!!

C'est que depuis trois semaines que nous sommes en Tunisie nous avons bien compris et bien assimilé le « Inch' Allah » local, qui prend tout son sens pour les marins que nous sommes.

Alors on ne sait pas trop bien par quoi commencer...

Reprenons à la traversée de Sardaigne vers la Tunisie : 160 milles, un record pour notre équipage!

Aprés une analyse météo très pécise, nous avons décidé de mettre le cap directement sur Kelibia, pour passer le Cap Bon dans la foulé. Nous avions les vents pour nous, et nous gagnons du temps sur notre parcours pour rejoindre Colette et Ouanes à Kerkennah.

Aprés voir couru après un drapeau tunisien, nous avons quitté le port de Villasimius accompagné du gybsea familial de la maman sétoise, du papa suisse, et du petit Yann, qui s'éloignait vers la Sicile, 30° plus à l'est... Début de traversée plutôt tranquille, la mer s'est calmée considérablemment devenant maintenant peu agitée, le soleil est de la partie et notre Fleur est plutôt épanouie sous une allure de petit largue (110° du vent, tribord amure!). Ensuite, quelques complications sont venues altérer un peu notre bonne humeur : Tout d'abord, la mer, large, qui nous drossait jusque là sous un angle plutôt agréable, devînt vers les 19h un tantinet brusque et refusante, provoquant chez un membre de l'équipage quelques désagréables états, l'obligeant, une fois soulagé, de descendre dans le carré pour se reposer et retrouver un meilleur équilibre interne... Puis, alors que la luminosité du jour disparaissait, nous vîmes, au loin, quelques mauvaises noirceures celestes, lézardées, de temps à autres, par quelques belles mais inquiétantes étincelles géantes! Inexorablement, on se rapprochait de cette zone, et elle se rapprochait de nous, sans avoir d'autres choix! C'est donc vers minuit, que, prévenue par une soudaine et massive averse, nous decidâmes de nous réfugier à l'intérieur, moteur allumé, un tout petit bout de voile pour être plus stable, et Jacob, fidèle parmis les fidèles, sorti pour une longue nuit de sa cabane au fond des bois, comme pilote et garant du « Bon Cap » ! Durant plus de 5h, le ciel se déchaina, laissant courrir de longs roulements au dessus de nos têtes... Les éclairs, fort heureusement pour nous, se déployaient généralement horizontalement, dans la masse nuageuse. Quelques rares parvenaient jusque la mer dans une éblouissement merveilleusement terrifiant! Nous avions préalablement plongé à l'eau de lourdes cosses metallique reliées aux haubans afin de prévenir d'un éventuel coup de foudre sur la mature (de plus un seul nous a suffi, c'était il y a 3 ans...). La pluie redoubla par moment, puis plus calme, mais jamais ne cessa..

Ce fut long, éprouvant, la fiabilité de Jacob, sans offense, devant être sous permanente surveillance! Vers 6h, le ciel se dégagea et on vit le soleil se lever, et notre moral avec !

Devant nous, grace à la Bonne prestation du couple Jacob-GPS, s'élevait les falaises du Bon : Pointe tendue vers la Sicile que devait d'ailleurs, au même moment, toucher nos amis Franco-Suisse de Villasimius !

Le vent forcit encore un peu atteignant les 25-26 noeuds, maintenant grand largue... On ne sort que le génois, ainsi qu'une simple ligne de traine alors que nous passons enfin le Cap.... Notre leurre, une belle imitation de hareng, attire malheureusement quelques mouettes et sterns... Tout d'un coup, un stern pique et plonge... Trop tard, il est pris au piège, l'hameçon s'est planté dans son bec, le voilà tracté maladroitement à plus de 6 noeuds... Finalement, on réussit à le ramener à bord et à le libérer... Il reprendra son envol sain et sauf....

Nous redescendons derrière le cap pour finalement arriver, au bout d'une longue baie de sable blanc, à Kélibia, premier pas en Tunisie, service de douane, contrôle d'identité, entrée sur le sol Tunisien, déclaration des biens à bord (« si vous avez trop, vous pouvez nous donner ! »), tout le monde est là sur le quai, un bateau français aussi, un américain, et surtout des pécheurs!

Il est 17h, les douches sont au fond d'un p'tit café de pécheurs, elle est la bien venue !

Cette petite escale au pied d'un superbe fort nous font retrouver des odeurs, des gouts, des couleurs, une langue rencontrés déjà au travers d'autres voyages passés... L'accueil est agréable, l'atmosphère tranquille, on y est bien !

Après une journée de ballade et de récupération dans les rues de Kélibia, il est temps de repartir vers notre but... Kerkennah ! Petite étude météo, lecture de carte, on hésite un peu sur les différentes possibilités. Finalement, on décide de partir en fin d'aprés midi, 48h après être arrivé! Le vent d'Est va nous permettre de descendre plein sud et de traverser entièrement ce si long golfe d'Hammamet et rejoindre la ville de Madhia, plantée sur le Cap Africa...

La mer est belle, le vent est chaud, l'ambiance du sud tant recherchée depuis notre départ de Port-Camargue est enfin là !Trés vite le soir tombe, nous restons vigilant toute la nuit car ici croisent de nombreux pécheurs avec leurs lots de filets, nasses et lignes... Quelques rencontres auparavant nous ont parlé de filets dérivants non signalés qui ont la facheuse tendance de se prendre dans la quille ou, pire, dans l'hélice du moteur... alors méfiance!

Ce fut une très belle traversée, nous arrivâmes sur le coup de 10h du matin au alentours de Madhia et décidâmes de mouiller l'ancre sur la cote nord du Cap Africa, bien protégé du petit vent du sud qui avait forci, et qui offrait une magnifique vue sur les vielles habitations de cette ville. Journée très agréable, entre peinture, pèche, lecture et repos. Le soir on reste solidement amarré à notre ancre pour passer la nuit ici, il y fait trop bon vivre!

Le lendemain, une dernière grosse journée de mer (10h) nous permet enfin de toucher les Iles Kerkennah. Quand nous disons « toucher », c'est effectivement physiquement que nous sommes entré en contact avec elle et ses hauts fonds! Juste devant le port de Kraten, alors que nous filions toutes voiles dehors sous 18 noeuds de vent! Jusque là, la journée s'était merveilleusement passé, avec le passage de la bouée de Chebba qui marque l'entrée dans la zone des hauts fonds du golfe de Gabès, un bancs de dauphins géants (cetains mesuraient plus de 3 mètres), et le plaisirs incroyable de naviguer pendant plusieurs heures avec 2 à 4 mètres d'eau transparentes sous le bateau, comme sur un lac, sans vagues, au prés, on file à 5 noeuds... jusqu'à l'arrêt dans le sable ! C'est Salem et Amin, deux jeunes pécheurs qui vont trés rapidement venir nous préter assistance. Alors enfin, on entre dans le port de Kraten, petit port de pêche au nord de l'ile. Tout de suite l'accueil y est incroyable, sourires, pleins de questions, on nous offre du poissons grillés. La vie semble d'un autre temps. On envie un peu cette simplicité et cette spontanéité. On appelle Colette et Ouanès : « ça y est, on est là! », il passe nous voir dès le soir même sur notre bateau, c'est drôle de les avoir quitter 2 mois auparavant à Clichy et de les retrouver ici! On est bien sur cette Ile! Nous sommes le Vendredi 23 Mai 2008, dans 2 jours, Inch Allah, nous partons pour Sidi Fredj...

Trois semaines plus tard, nous sommes toujours dans le port de Kraten! Entre eau douce "salée", électricité gardée, sourires amicaux, promenades sur les plages avec Colette et Ouanès, les 3 étoiles d'Alala, taxis pour Remla, assurance zélée, couscous chez Salem et Hannan, cafards clandestins, anniversaires improvisés, Soirée à la bière avec Henri Fonda, et surtout beaucoup de délicieux poissons grillés au khanoun!

Petit tour d'ambiance...

 

 

 

 

Mais nos aventures Kerkenniennes se terminent,  on fait les derniers adieux, demain on part...

Inch Allah !

commentaires {1} - Ajouter un commentaire
Publié à 05:38, le 12/06/2008, El Ataya
Mots clefs : feria 9mkerkennahvoyageBateaumediterraneéphoto de la mermerpartir en bateauvoilemadhiapêche en merîle extraordinnairerêve

Commentaire sans titre

Je sais bien que vous êtes en partance pour la France, mais je voulais vous dire tout de suite le bonheur de vous lire (malgré les frissons rétroactifs dus à votre traversée tempêtueuse) et de vous retrouver en bonne forme sur les photos.
Peut être un peu longue, mais sympa la halte forcée et pleine d'enseignements pour votre prochain stop sur une île déserte.
plein plein de bises, mais je vous en ferai des vraies très bientôt j'espère

Mam - 09:49 - 17/06/2008

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